fbpx
Kapt Media
Health

La relation malade, maladie, personnel soignant : un triangle à cerner.

Abstract:

Chaque fois qu’un médecin et un malade se rencontrent, c’est un triangle qui se forme. Les piliers de ce triangle sont le patient, la maladie et le médecin. Et soit le malade que le médecin ont un agenda. L’insuccès de certaines visites médicales pourrait découler de la non-compréhension de la réelle dynamique de ces 3 piliers. Comment mieux cerner ce triangle afin d’effectuer une visite réussie soit pour le patient que pour le médecin ?

 Introduction :

 En 2020, nous pouvons affirmer, sans risque de nous tromper, que nous sommes en plein dans l’ère d’Internet ; c’est un fait ! Internet a considérablement modifié l’accès aux informations. Tout, du moins presque tout, est désormais accessible. Entre praticité, pertinence et dérives, l’écart, il faut le noter, est malheureusement grand. En effet, selon différentes études menées, la pertinence des informations trouvées sur Internet, notamment dans le domaine médical, va de 15 à 50 % selon les différents moteurs de recherche ; c’est-à-dire qu’au moins la moitié des informations trouvées sur internet à ce titre est certainement non pertinente. En outre, déjà en 2008, on estimait que dans la population générale, la proportion d’individus qui cherche sur Internet la solution à un problème de santé/ préoccupation  allait jusqu’à 70%. Mais pourquoi ? Comment apprécier ces données ? Est-ce là l’indicateur d’une absence/d’une inadéquate relation  médecin/patient ?

Quand bien même les motivations qui pousseraient le patient à aller sur Internet seraient nobles (exemple: recherche d’explications concernant une situation clinique, un traitement, des alternatives thérapeutiques; et si cela est avéré, il serait normal alors que chaque médecin remette en question son rapport avec ses patients), il faut noter que le résultat obtenu le plus souvent, au contraire de l’apaisement voulu et recherché, est une escalade de l’anxiété. Ainsi, l’individu malade sera inquiété ultérieurement et même désorienté; autant de facteurs et de conditions qui peuvent fausser et altérer la façon avec laquelle il appréhendera le personnel soignant (qu’il s’agisse d’un premier contact ou non).

Une autre catégorie ou alors une sous catégorie serait celle de ces personnes qui, pour avoir lu pour 2-5 minutes des informations trouvées à travers Google ou autre moteur de recherche, arrivent à l’attention du médecin avec leur diagnostic et thérapie en tête. Mais comme questionné plus haut, le recours à internet pourrait aussi faire suite à un contact décevant (pour diverses raisons) ou autres avec le personnel médical.

L’autre revers de la médaille est que le médecin pourrait percevoir dans cette démarche une remise en cause de ses compétences, un ultérieur facteur qui influencera et se répercutera dans sa relation avec le patient.

Au regard de tout ceci, il y a donc vraiment lieu de se questionner : Pourquoi donc cette ruée vers l’information médicale sur internet ? Est-ce dû à l’inaccessibilité du personnel  soignant ? À une relation insatisfaisante entre le patient et le médecin ? Ou alors  est-ce tout simplement la nouvelle tendance ?

Les agendas

Le malade, outre la maladie en cours – et le malade n’est pas sa maladie – a une histoire clinique mais aussi un agenda caché. Cet agenda peut être constitué de ses problèmes familiaux, financiers, ses projets futurs, de sa hâte de guérir, de la/sa perception sur sa maladie, sur la médecine moderne, les effets indésirables des médicaments ou de l’acte chirurgical… le feedback sur le centre médical etc…

Le médecin aussi de son côté a un agenda, souvent plus explicite: soigner le malade. Mais il pourrait avoir aussi un agenda caché; les contraintes administratives… la contrainte de temps (exemple: devoir visiter chaque patient en 20min) et même ses problèmes personnels quelques fois.

Comment apprendre à cerner ce triangle (agenda du patient,maladie,agenda du médecin) ?

Peut-être en nous réappropriant notre humanité, notre empathie. Le malade est besogneux de santé mais c’est avant tout une personne, une être humain. Il a ses doutes, il a besoin d’être écouté, d’être conseillé ecc. Le médecin aussi est avant tout un être humain, certes il pourrait sembler détaché et distant mais la charge émotionnelle qui est sienne n’est pas à négliger. Ce qui pourrait sembler être de la froideur ou de la distance serait juste une barrière de protection contre la charge émotionnelle communiquée par le patient. Quoiqu’il en soit si un médecin est approché adéquatement, il se rendra toujours et toujours disponible. N’ayons pas peur de demander au médecin. Il est la personne la plus adéquate pour nous répondre. Il connaît notre pronostic, notre processus de guérison, il sait comment agissent les médicaments qu’il nous prescrit.

Ce que chaque patient doit savoir c’est que :

1-La Guérison, ou du moins le rétablissement, va au-delà d’un retour à une condition initiale(d’avant la maladie)

La guérison selon la plupart des dictionnaires de langue française est considérée comme « la disparition totale des symptômes d’une maladie ou des conséquences d’une blessure avec retour à l’état de santé antérieur, on parle d’apaisement, de disparition de ce qui est désagréable ». Toutefois, selon l’anthropologue et théologien Bernard Ugeux, la guérison est un concept beaucoup plus complexe.  » Guérir signifierait éprouver à nouveau que la vie continue à circuler ». Cette définition voudrait dire que la guérison va au-delà de l’intégrité psychophysique retrouvée ou non mais de l’acceptation que fait l’individu de sa nouvelle condition. En d’autres termes, suivant cette définition, on pourrait parler de guérison dans ce cas de figure pris à titre d’exemple :  Le père de Niba, un jeune garçon de 13 ans a depuis quelque temps  remarqué que son fils est plus fatigué qu’à l’accoutumée, a une soif intense, urine beaucoup et est peu concentré  dans ses différentes tâches quotidiennes.  Avec l’intervention de son médecin traitant, un diabète de type 1 ( voir note 1) est diagnostiqué et le jeune garçon est directement pris en charge et se rétablit. Le diabète comme nous le savons certainement est une maladie chronique. Niba devra suivre un traitement toute sa vie. Néanmoins, sa prise en charge lui a permis de retrouver un état tel qu’il puisse « se ressentir capable de vivre pleinement sa vie sans limitations ».

On pourrait donc dire qu’on peut parler de guérison quand l’individu est de nouveau capable de mener une existence normale, mieux satisfaisante sans être submergé par des phénomènes physiopathologiques. Il ne s’agit donc pas d’un retour  à  un état antérieur qualifié de 《 naturel》 mais d’une  transformation vers un autre état, une nouvelle condition d’équilibre.

2-La Guérison est tout un processus

Dans le cas du jeune garçon précédemment nommé, on pourrait au-delà de l’illustration de la condition finale de guérison, examiner l’entier processus.  Pour simplifier la compréhension, nous allons procéder par étapes :

a- l’état de maladie. Niba s’est retrouvé affecté dans sa forme physique ce qui probablement aura eu des répercussions psychologiques. Cette condition de déficit a créé des besoins et aussi des expectatives (et ceci rentre dans son agenda).

b- Ainsi Niba s’est rendu chez son médecin traitant avec ses besoins et expectatives (son agenda) qu’il a consciemment ou inconsciemment  placé en ce dernier. Le processus de guérison est déjà enclenché à ce moment.  La confiance ou l’attitude méfiante ou de défiance ou alors la façon avec laquelle est perçu le médecin qui nous prend en charge influence fortement, positivement ou négativement, ce processus. Il y a donc un transfert de vécu; la sensation subjective de la maladie tel que perçue par le malade au vécu communiqué au médecin/ personnel soignant.

3- Ayant pu établir que Niba était diabétique, que sa condition de maladie était due à cela, un parcours thérapeutique a été entrepris: Un traitement pharmacologique,  un régime alimentaire suivi et adéquat. Le traitement pharmacologique consiste en général à une prise de substances médicamenteuses. Un médicament contient un principe actif (substance  d’origine chimique ou naturelle) et des excipients.  Le médicament comme toute substance introduite dans l’organisme interagit avec ce dernier. Cette interaction est régie par des principes physico-chimiques (voir note 2). Une illustration assez parlante, quoique simpliste, serait par exemple le temps qu’un récipient avec à l’intérieur des objets de forme diverse mettrait pour se remplir.  Le temps de remplissage dépendra des caractéristiques du récipient mais également des différents objets qu’il contient. Ceci ne saurait être une analogie au principe de distribution d’un médicament dans un organisme, mais permet d’imager simplistement une des variables qui influence le fonctionnement d’un médicament une fois qu’il est administré à un organisme. Ainsi, ne serait-ce que, de par ces caractéristiques physico-chimiques, la prise d’un médicament ne saurait correspondre à la résolution immédiate ou non du problème clinique: les médicaments en général ont besoin de temps pour faire effet. En outre, selon la typologie du problème de santé (infectieux, métabolique, psychologique etc etc), sont introduites d’autres variables qui compliquent ultérieurement la représentation simpliste faite précédemment.

Somme toute, la guérison ne saurait se réduire à une équation sommaire du style « prise de médicaments =guérison ». Il est question de tout un processus qui commence tout d’abord par le contact avec le personnel de santé.  Nombreuses études ont clairement montré que l’attitude du patient vis à vis de son médecin  impacte significativement le dit processus.  Il est donc fortement conseillé d’avoir confiance et non se montrer méfiant, attaquant ou méprisant à son encontre. Ensuite, avoir établi une bonne relation avec son médecin permettra dans la continuité des soins de se montrer plus adhérents à la thérapie.  Qu’on en soit conscients ou non, si on a confiance en son médecin on sera plus enclin à suivre ses recommandations ; mais également on sera plus rassuré et confiant quant au processus enclenché de guérison et par ailleurs, cela pourrait réduire  cette ruée infructueuse vers internet.

Related posts

Vaccination contre la Covid-19 : les Camerounais résistent tandis que les étrangers s’engagent dans la campagne de vaccination

Franklin NIMPA

Des influenceurs européens se voient offrir des MILLIERS de livres pour dénigrer le vaccin Pfizer : Une fausse agence de publicité londonienne « dirigée par des Russes » vise à diffuser des messages hostiles sur le vaccin Covid

Franklin NIMPA

Namibie : Mesures de prévention contre la COVID-19 en baisse

Franklin NIMPA

COVID-19 : La fête de la bière annulée une fois de plus à Munich

marie Lisette Zogo

DEUXIÈME DOSE DE VACCIN CONTRE LA COVID-19, L’ARCHEVÊQUE DE BAMENDA DONNE L’EXEMPLE

Franklin NIMPA

Inde : un survivant de la COVID-19 se suicide

Franklin NIMPA

Leave a Comment