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Cameroun : Amadou Vamoulké clôt ses 2000 jours de détention sans être condamné

Le journaliste camerounais Amadou Vamoulké, septuagénaire et ancien directeur de la radio et de la télévision nationales, vient de passer son 2 000e jour de détention sans avoir été reconnu coupable d’aucune charge.

Le traitement scandaleux réservé à Vamoulké par le Cameroun est bien en deçà des normes les plus élémentaires de justice et de dignité humaine, déclare Reporters sans frontières (RSF).

Ajourné 90 fois, son procès est le plus long à s’être tenu dans le cadre de la campagne anti-corruption connue sous le nom d’Opération Epervier, lancée par les autorités camerounaises en 2006. Les critiques les ont souvent accusées d’exploiter l’opération Epervier pour se débarrasser de personnalités considérées comme gênantes.

Outre le traitement choquant réservé aux journalistes en Érythrée, qui est l’une des pires dictatures du monde et figure à juste titre à la dernière place du classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, cette affaire a également battu tous les records pour la plus longue détention d’un journaliste africain sans condamnation. Vamoulké est détenu depuis plus de cinq ans et demi.

Arrêté le 29 juillet 2016, Vamoulké fait l’objet de deux procédures distinctes et grotesques pour détournement de fonds publics en tant que directeur général de la Cameroon Radio Television (CRTV) – des accusations pour lesquelles absolument aucune preuve et aucun témoin n’ont jamais été produits par l’accusation.

Dans une lettre adressée le 29 décembre au secrétaire général des services du Premier ministre, chargé notamment de veiller au respect par le Cameroun des conventions et traités internationaux qu’il a signés, les avocats français et camerounais de M. Vamoulké ont demandé aux autorités de le libérer afin de se conformer à la décision rendue le 12 juillet 2020 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

Saisi du dossier par RSF, le Groupe de travail a déterminé sans ambiguïté que la détention provisoire de M. Vamoulké n’a  » aucune base légale  » et que les violations du droit à une procédure régulière sont  » d’une gravité telle  » qu’elles confèrent un  » caractère arbitraire  » à la détention de M. Vamoulké.

« Deux mille jours de prison et 90 ajournements de procès, voilà des chiffres vertigineux derrière lesquels se cache la vie d’un journaliste brisée par cinq ans et demi de détention provisoire totalement illégale », a déclaré Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. « Nous réitérons notre appel aux autorités camerounaises pour qu’elles mettent fin à cette persécution judiciaire qui bat tous les records, qui prive arbitrairement un journaliste de sa liberté, et qui discrédite toutes les institutions camerounaises concernées. »

Dans sa décision, le groupe de travail de l’ONU a également exprimé son inquiétude quant à la santé de Vamoulké, qui aura 72 ans le mois prochain et qui souffre d’une maladie qualifiée de « grave » par les experts médicaux. Il n’a jamais bénéficié des examens et des traitements requis par sa maladie et il court un grand danger de Covid-19 en raison de son âge et de ses conditions préexistantes, ainsi que du surpeuplement des prisons.

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