fbpx
Kapt Media
Africa

Afrique : « Les conflits entre éleveurs et agriculteurs ont causé six fois plus de morts que Boko Haram »

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA), s’est exprimé le 9 décembre lors de la session du Conseil de sécurité des Nations unies sur le thème de la sécurité dans le contexte du terrorisme et du changement climatique. Il a abordé la question des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Le Président Moussa Faki a déclaré que « la détérioration des conditions climatiques, les déficits pluviométriques et les sécheresses qui en découlent, contribuent à exacerber les tensions sociales et intercommunautaires en raison de la contraction des ressources vivantes, l’eau et les pâturages en particulier ».

« L’émergence massive de la jeunesse, résultat humain de l’explosion démographique, accroît de manière inquiétante la pression excessive sur les ressources naturelles », selon le président de la Commission de l’UA.

Moussa Faki

En ce qui concerne les pays du G5-Sahel, un quart du budget national est englouti par les dépenses militaires au détriment des secteurs sociaux, éducation et santé, eau et sécurité alimentaire.

Mais d’où viennent les multiples actes de violence entre éleveurs et agriculteurs ? Moussa Faki a donné une réponse : « l’accès à des ressources de plus en plus réduites, ou leur répartition inégale en raison du changement climatique, creuse les écarts et les inégalités qui conduisent à toutes sortes d’aventures et de terrorisme. Les migrations et leurs réseaux criminels, les trafics en tous genres, la transhumance chaotique et l’exode rural complètent un tableau déjà assez sombre ».

Selon lui, « la raréfaction des ressources, voire la pénurie d’eau et de ressources agroalimentaires, en particulier, alimente les conflits intercommunautaires. N’oublions pas que les conflits entre éleveurs et agriculteurs ont tué six fois plus de personnes dans la région de la Middle Belt au Nigeria que le conflit avec Boko Haram ! »

Moussa Faki

De ce fait, ces phénomènes créent des conditions favorables à la floraison d’entités non étatiques, menées par des groupes terroristes, pour influencer, désorienter, endoctriner, intoxiquer, recruter, armer et conduire des milliers de jeunes sur le chemin de la mort et de la destruction comme voie de salut et de construction de destins illusoires et chimériques.

Sur ce terrain idéologique, social, économique et existentiel se joue, selon lui, la véritable confrontation entre les efforts étatiques nationaux et continentaux et le terrorisme et les autres formes de déviance. La dépendance de l’agriculture et de l’élevage dans les régions prises en exemple jette plus de 50 millions de personnes dans le seul Sahel dans la précarité, ce qui en fait des cibles faciles pour les djihadistes et toutes les autres formes de vecteurs de crises violentes.

Dans le secteur agricole, l’emploi varie de 25% au Burkina à 75% au Niger. Cela donne une mesure exacte de l’étendue des couloirs ouverts à l’expansion du cancer terroriste et de ses différentes métastases à travers le continent, révèle Moussa Faki Mahamat.

« Lorsque nous corrélons ces conséquences du changement climatique avec les facteurs aggravants que sont la sous et/ou la mal gouvernance, la corruption, la marginalisation, l’exclusion politique, sociale et communautaire, nous comprendrons comment la promotion des trajectoires de déviance ouvre des boulevards immensément vastes. »

Moussa Faki

Dans la zone du lac Tchad et de la Corne de l’Afrique, des températures sans précédent sont enregistrées. Leur variabilité exerce une pression indue sur les économies rurales, les groupes vulnérables et les capacités des États. La pauvreté résiduelle et la variabilité du climat se combinent en une symphonie lugubre, propice à la violence, aux réseaux criminels et au terrorisme. Les perturbations qui en résultent pour le peuplement de régions entières sont incalculables. À long terme, il en résulte des bouleversements que bien peu de stratégies de développement prospectives pouvaient prévoir, prévient Moussa Faki.

Related posts

CAN 2021 : Le problème des Gabonais trouve finalement solution

marie Lisette Zogo

CAN 2021 : Ali Badra Sangaré accablé par le sort

marie Lisette Zogo

Football : Le stade Ebimpé en plein rajeunissement

marie Lisette Zogo

Coupe d’Afrique des Nations : Tous les matches, les lieux et les heures des coups d’envoi

Franklin NIMPA

Boko Haram : Une menace pour l’État camerounais qui ne cesse de croître en puissance et en influence

Franklin NIMPA

Leave a Comment